Troisième d’une fratrie de cinq enfants élevés dans la plus grande précarité par des parents toxicomanes, Katriona O’Sullivan avait peu de chances de faire un jour des études et encore moins d’enseigner à l’université. Son extraordinaire parcours, elle le raconte sans fard dans ce livre qui, chemin faisant, révèle une écrivaine.

Malgré l’extrême pauvreté et le chaos ambiant – à six ans, arrivée dans sa chambre au bon moment, elle sauve son père d’une overdose –, sa force de vie et son intelligence ont permis à la petite fille, puis à la jeune femme qu’elle est devenue, de s’émanciper, non sans peine, de sa condition.

La justesse du trait, la pudeur et la simplicité avec lesquelles la narratrice met en scène les épisodes les plus rudes de son roman des origines forcent l’admiration : elle a su saisir les mains tendues de certains de ses enseignants – une institutrice qui lui apprend à se laver dans les toilettes de l’école –, mais c’est surtout au sixième sens qu’elle a développé à force de vivre sur ses gardes qu’elle doit de s’en être sortie, enceinte à quinze ans et chassée de chez elle.

AUTEUR :
(Trad. Simon Baril)
ÉDITEUR : Sabine Wespieser
240 pages, 23€