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Emil FERRIS
Moi, ce que j'aime c'est les monstres
Roman graphique
Monsieur Toussaint Louverture, 416 pages, 34.90 €

En 2002, Emil Ferris (née en 1962 à Chicago), mère célibataire et illustratrice, gagne sa vie en dessinant des jouets et en participant à la production de films d'animation. Lors de la fête de son quarantième anniversaire avec des amis, elle se fait piquer par un moustique et ne reprendra ses esprits que trois semaines plus tard, à l'hôpital. On lui a diagnostiqué une méningo-encéphalite : elle est frappée par l'une des formes les plus graves du syndrome du nil occidental. Les médecins lui annoncent qu'elle ne pourra sans doute plus jamais marcher. Pire encore, sa main droite, celle qui lui permet de dessiner, n'est plus capable de tenir un stylo. Alors qu'elle ne se voit plus aucun avenir, les femmes fortes qui l'entourent l'encouragent - la thérapeute en charge de sa réeducation, ses amies et sa fille -, et Emil décide de se battre. Elle va jusqu'à scotcher un stylo à sa main pour dessiner, ce qui lui prendre un temps fou... mais à force de persévérance, elle s'améliore. Emil décide de prendre un nouveau départ et s'inscrit au Chicago art institute, dont elle sortira, avec son diplôme, d'un pas déterminé. C'est à cette époque qu'elle commence l'écriture de son roman graphique. Elle mettra six ans à réaliser cette oeuvre de 800 pages. Après 48 refus, l'éditeur indépendant fantagraphics accepte le manuscrit. Suite à quelques rocambolesques problèmes de livraison, le premier tome de moi, ce que j'aime, c'est les monstres paraît en février 2017. Du jour au lendemain, Emil Ferris est propulsée parmi les « monstres » sacrés de la bande dessinée. Tandis que les réimpressions s'enchaînent, c'est unanime : il s'agit d'une oeuvre d'exception.

Chicago, fin des années 1960. Karen Reyes, dix ans, admire les fantômes, les vampires et autres morts-vivants. Elle s'imagine même être un loup-garou : plus facile, ici, d'être un monstre que d'être une femme. Le jour de la saint-valentin, sa séduisante voisine, Anka Silverberg, se suicide d'une balle dans le coeur. Mais Karen n'y croit pas et décide d'élucider cette mort suspecte. Elle va vite découvrir qu'entre le passé d'Anka dans l'Allemagne Nazie, son propre quartier prêt à s'embrasser et les drames tapis dans l'ombre de son quotidien, les monstres, bons ou mauvais, sont des êtres commes les autres, ambigus, torturés et fascinants.

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